Des mots à la louche

ob_cb50cf_fete-soupe-2016-2Cette année encore, des média’plumistes participaient au concours de « La soupe de mots » organisée par le Jardin du Plessis-Sasnières dimanche 13 novembre 2016 et présidé cette année par Frédéric Mitterrand.

Les mots imposés pour une « soupe de mots » adultes étaient :

Fraîchement- tergiverser- palabre- clarinette- baby-sitter- horizontal- andouille- nuisette- débusquer- jusqu’où- poncho- candide- littoral- éconduire- fanfaron- blues

En utilisant les 16 mots-ingrédients imposés, il fallait écrire un texte de maximum 140 mots.
Ce texte peut raconter une histoire, mais aussi être une lettre, un article de presse, le pitch d’un film… Les mots proposés ne doivent pas changer d’orthographe, mais peuvent être accordés, les verbes peuvent être conjugués à tous les temps, les noms communs peuvent être au singulier ou au pluriel, leur nature peut être modifiée tant que l’orthographe reste celle indiquée dans la liste.

jury

Photo copyright le Mille-pattes.com

Il y a eu 50 participants à ce concours. Voici les GAGNANTS :

Texte gagnant dans la catégorie enfant : Léo Pasquier à Crucheray
Un coquin aux yeux de merlan frit et au sourire gracieux entre d’un pas hâtif dans un gourbi au plafond blanchi à la chaux laissant échapper de nombreux décibels .Il demande des choupettes à l’occupant des lieux en faisant le mariole, puis chemine d’un pas hésitant vers une pièce qu’il examine de fond en comble. Finalement il aperçoit une silhouette ratatinée sur un ballot de paille près d’une boule de bowling et semblant déguster des macaronis. Va-t-il réussir avec sa demande à entuber le propriétaire des lieux?

Texte gagnant dans la catégorie adulte : Frédéric Cagnat à Villeporcher
Fraîchement réveillé par la brise marine, je scrutai, sous mon poncho me donnant l’allure d’un épouvantail dressé sur le pont, ce trait horizontal séparant le ciel et l’océan, puis s’épaississant jusqu’à m’offrir la vision d’une île.
Le continent et son agitation m’avaient éconduit. Jusqu’où aller pour débusquer mon paradis? J’avais ma réponse et ne pouvais plus tergiverser.
Je discernai candide ce littoral vêtu d’une nuisette de brumes, telle une précieuse étoffe laissant transparaître les courbes d’un corps de femme. La beauté douce de cette île me rassurait comme un enfant dans les bras de sa nouvelle baby-sitter.
Les palabres aux sonorités de clarinette des oiseaux de mer venaient couvrir les notes de blues envahissant jusqu’alors mon esprit. J’acceptai volontiers de passer pour une andouille sous les moqueries de ces fanfarons ailés qui parvenaient même à m’arracher un sourire.

3 TEXTES dans la catégorie adulte ont obtenu une « mention spéciale » car ils ont été également très appréciés par les membres du jury :

Pauline Dreyfus, Région Parisienne
Devant l’invitation, il a tergiversé.
Ces associations sont d’un candide ! Comme s’il n’avait pas mille autres choses à faire. Il faudra débusquer une baby-sitter, lui demander de prévoir une nuisette si son TGV a du retard, et décommander sa leçon de clarinette.
Mais présider le jury de la fameuse soupe de mots de Sasnières, quelle andouille refuserait une telle proposition ?
Il pourra fanfaronner dans les dîners en ville.
Il aura plus de pouvoir que quand il était ministre.
Pourquoi éconduire fraîchement cette famille formidable, qui, loin du littoral bondé, célèbre ici le génie de la France en ses jardins ?
Assez de palabres. Pour éviter le blues des dimanches, il faut fuir la position horizontale. Debout, Fredo ! Paris-Vendôme ? 42 minutes. Jusqu’où ira le progrès ?
Il enfile son poncho.
C’est qu’il a toujours aimé la soupe.

Maurice Cayzac dit le quadriconteur
Tour de cochon
Sur l’étal d’une boutique du littoral
Trônait une andouille fraichement faite.
Enveloppée d’un poncho, passe, alerte,
Une baby-sitter, point candide mais pâl’.
– Point de palabre, dit-elle au charcutier,
J’ai faim et sans tergiverser veut manger;
Mais vous allez m’éconduire car sans le sou je suis.
– Jusqu’où iriez-vous pour satisfaire votre appétit ?
Demande le charcutier fanfaron et libidineux.
– Si nous étions le soir, après avoir tout deux
Ecouter tendrement un blues à la clarinette,
Pour vous je retirerai ma jolie nuisette.
Le charcutier la voit déjà à l’horizontal
Et trop troublé ne peut débusquer la roublardise
De la donzelle toujours aussi pâl’.
Elle en profite pour fuir et à sa guise
Emporter l’andouille du tueur de porc
Echappant ainsi à un tout autre sort.

Claude Limare
Quelle andouille je suis !
Pourquoi tergiverser ? C’est Frédéric Mitterrand qui préside le jury.
Cet homme de grand discernement ne pourra que débusquer l’écrivain
– sans faire le fanfaron- qui est en moi.
Aussi, abandonnai- je momentanément, l’étude à la clarinette de mes blues préférés.
J’étais donc, cherchant l’inspiration, face au littoral, quand, à peine avais-je écrit le premier mot – en l’occurrence le mot horizontal- que survint la baby-sitter, en nuisette, avec un air candide, pour déclarer qu’elle avait froid.
Jusqu’où irait-elle donc pour tenter de me séduire ?
Pour l’éconduire et m’épargner un long palabre, je lui conseillai mon poncho.
Elle accueillit fraîchement ma proposition. Mais avant de revêtir le poncho, en souriant, elle ôta sa nuisette.
Je remis à plus tard l’écriture du texte…

NOUS VOUS LIVRONS AUSSI LES TEXTES COMMIS PAR NOS MEDIAPLUMISTES :

soupe2Nadine Renard : UNE NUIT DE PLEINE LUNE
Assis en tailleur, un poncho pour vêtement,
Les notes de ma clarinette volent vers l’océan
Vous l’avez deviné, je débusque le serpent
A défaut du cobra sort langoureusement
De mon joli panier notre baby-sitter
Toute simplement vêtue d’une nuisette à fleurs
Un peu candide c’est vrai je souhaite la séduire
Mais jusqu’où irons-nous ? Allait-elle m’éconduire ?
Fraîchement devenu fanfaron téméraire
Je me dis mais arrête donc de tergiverser
Parfois les palabres nous font perdre du temps
Et je bondis vers elle en un bruit fracassant
Avant de me trouver le nez dans la moquette
Dans une position quasi horizontale
D’une radio s’échappe un blues de Bechet
Mais que se passait-i ?l où est le littoral ?
Mais quelle andouille je suis…
… je suis tombé du lit

soupe1Mary Robieu
La nuit d’Halloween, l’enfant vit surgir à sa fenêtre une lutine vêtue d’une nuisette jouant de la clarinette.
Elle était à l’horizontal et se leva brusquement afin de débusquer cette intruse.
L’air candide de la lutine l’attira comme elle avait été attirée par un fanfaron lors de sa dernière promenade sur le littoral. Celui-ci l’avait éconduite fraîchement et elle dût se cacher sous son poncho.
En chantant un air de blues, la lutine avait mijoté une mystérieuse soupe fumante et sentant l’ andouille.
La petite fille se pencha sur la marmite et vit le portrait de sa baby-sitter qui la réprimandait pour sa curiosité se former à la surface de la soupe.
Sans tergiverser elle lui demanda d’interrompre ses palabres.
Mais jusqu’où ira-t-elle pour me surveiller se demanda la petite fille ?
Ouf ce n’était qu’un mauvais rêve !

soupe3Françoise Trubert
Je venais fraîchement de débarquer dans cette ville du littoral et sans tergiverser il me fallait trouver un boulot pour survivre. Je décidai de répondre à une annonce pour un poste de baby-sitter. Je mis mon poncho pour me présenter aux parents. Mon air candide et enjoué pu les convaincre sans palabre. Un poste à ma mesure, à l’horizontal, à hauteur d’enfant, souvent en nuisette Hélas, j’ai trop souvent eu tendance à faire le fanfaron, si ce n’est l’andouille. Un soir que je jouais de la clarinette les parents vinrent me débusquer par surprise. Je me fis de suite éconduire. Jusqu’où me mènera le blues des vacances éternelles ? À la soupe populaire ?

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Lire aussi le reportage sur nos participations de l’an dernier

soupe-mots-2016-plessis-sasnieres

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